Acheter un bien immobilier en Espagne quand on est français est souvent un projet de cœur. Une lumière différente, un climat plus doux, une qualité de vie recherchée. Certains imaginent déjà leurs enfants courir dans un jardin andalou. D’autres envisagent une retraite face à la mer ou un investissement locatif rentable. Il y a souvent ce moment très particulier, entre enthousiasme et vertige, où l’on se dit : « Cette fois, c’est réel, nous allons signer. »
Mais entre la projection sur une terrasse ensoleillée et la signature chez le notaire, la réalité juridique et fiscale peut être plus technique qu’on ne l’imagine. Les erreurs ne viennent pas d’un manque d’attention. Elles naissent souvent d’un réflexe naturel : penser que les règles sont identiques à celles que vous connaissez en France.
Voici les principaux pièges à éviter, illustrés par des situations concrètes qui se produisent réellement sur le terrain. Ce projet demande simplement une chose : comprendre les règles espagnoles avant de signer.
Table des matières
La vérification juridique du bien : ce que vous ne voyez pas peut vous coûter cher
En Espagne, tout commence par le Registro de la Propiedad. Ce document officiel permet notamment d’obtenir une “nota simple” informative via le portail du Collège des Registradores d’Espagne. Avant d’acheter un bien immobilier en Espagne, une vérification complète au registre est indispensable.
Un couple français achète un appartement à Torrevieja pour en faire une résidence secondaire. Le vendeur affirme que l’hypothèque est soldée. Effectivement, le prêt a été remboursé… mais la radiation n’a jamais été formalisée au registre. Quelques années plus tard, lorsque le couple souhaite revendre, l’acheteur exige la régularisation préalable. La procédure retarde la vente de plusieurs mois et génère des frais supplémentaires.
La conformité urbanistique est un autre point critique. Dans certaines zones rurales ou côtières, des extensions ont été construites sans licence. Un acheteur séduit par une maison avec véranda et piscine découvre après l’acquisition que la piscine n’apparaît pas dans les documents cadastraux. Il souhaite la rénover, mais la mairie exige une régularisation complexe. Dans certains cas, des travaux non autorisés peuvent même entraîner des sanctions administratives.
Chaque région applique ses propres règles d’urbanisme. Une vérification locale précise est indispensable, surtout dans les zones attractives.
Avant de signer, demandez systématiquement :
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La licence de première occupation (Licencia de Primera Ocupación ou LPO)
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La conformité cadastrale du bien (superficie, annexes, piscine)
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Les autorisations municipales pour toute extension ou modification
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L’absence de procédure d’infraction urbanistique en cours
Un simple document manquant peut bloquer une revente ou entraîner des frais de régularisation importants.
Dans notre expérience, les irrégularités urbanistiques font partie des causes les plus fréquentes de blocage lors d’une revente. Ce point est souvent sous-estimé lors de l’achat.

Le contrat d’arras : l’étape où tout peut basculer
Le contrat d’arras est souvent signé rapidement, parfois dans l’euphorie de la négociation réussie. Pourtant, il engage financièrement.
Un investisseur français repère un appartement à Barcelone destiné à la location saisonnière. Il verse 35 000 euros d’arras en attendant son financement. La banque espagnole lui demande finalement un apport plus élevé que prévu. Son crédit est refusé. Le contrat d’arras ne contient pas de clause suspensive liée à l’obtention du prêt. Résultat : il perd la totalité de l’acompte.
À l’inverse, un vendeur peut être contraint de restituer le double si c’est lui qui se retire, mais uniquement si le contrat prévoit des arras de type « penitenciales ». Tout repose sur la rédaction précise du document.
Un simple détail contractuel peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros. Lorsqu’on souhaite acheter un bien immobilier en Espagne, le contrat d’arras doit être analysé avec précision.
Le financement : des règles différentes pour les non-résidents
Lorsque l’on souhaite acheter un bien immobilier en Espagne, le financement doit être validé avant la signature des arras.
Les banques espagnoles évaluent différemment les dossiers des non-résidents. L’apport exigé peut être plus important. Les revenus perçus en France sont analysés selon des critères propres à l’établissement.
Un cadre vivant à Paris souhaite acheter une maison à Valence pour télétravailler six mois par an. Il obtient un accord de principe en France et pense que le financement suivra en Espagne. La banque espagnole exige un apport supérieur à celui anticipé et impose la souscription d’assurances locales. Le calendrier prévu dans les arras devient trop serré.
Il faut également anticiper le coût total du crédit, les éventuelles commissions et l’ouverture d’un compte bancaire local, souvent nécessaire pour les prélèvements. Acheter un bien immobilier en Espagne en tant que non-résident nécessite une préparation financière rigoureuse.
Les frais d’acquisition pour acheter un bien immobilier en Espagne
Le prix affiché ne correspond pas au coût total. Taxes, notaire, inscription au registre s’ajoutent.
Un retraité français achète un appartement ancien à Séville pour 200 000 euros en pensant que son budget est suffisant. Il découvre que l’impôt de transmission applicable dans la région augmente sensiblement le coût final. Les taux varient selon la communauté autonome et peuvent évoluer. Il doit mobiliser une épargne complémentaire en urgence pour finaliser la transaction.
Pour un bien neuf, la TVA et le droit de timbre s’ajoutent. Ces éléments doivent être confirmés au moment précis de l’achat auprès d’un professionnel local ou d’une source officielle actualisée.
Acheter sur plan : les risques liés au calendrier et aux garanties
Dans le neuf ou en VEFA, il est essentiel de vérifier la garantie bancaire couvrant les sommes versées avant livraison.
Un couple achète sur plan sur la Costa del Sol. Le chantier prend dix mois de retard. Le contrat prévoit un délai indicatif mais aucune pénalité précise. Ils avaient prévu d’emménager et de louer leur logement en attendant la vente de leur résidence française. Le décalage génère des frais imprévus.
La solidité financière du promoteur et la conformité des autorisations administratives doivent être examinées en amont.

Le notaire : un rôle différent de celui que vous connaissez
Le notaire espagnol authentifie l’acte. Il ne réalise pas une étude patrimoniale complète.
Un investisseur achète à Madrid pour louer en courte durée. Après signature, il découvre que la municipalité a suspendu l’octroi de nouvelles licences dans son quartier. Son projet locatif devient impossible. Le notaire n’était pas chargé d’analyser la réglementation touristique locale.
Si votre objectif est locatif ou fiscalement optimisé, une analyse préalable indépendante est recommandée.
Les charges de copropriété : les décisions prises avant vous
Dans une copropriété à Valence, des travaux de façade ont été votés quelques mois avant la vente. L’acheteur ne consulte pas les procès-verbaux. Après la signature, il reçoit un appel de fonds important. La répartition des charges dépend des décisions prises en assemblée.
Il est indispensable de demander un certificat attestant que le vendeur est à jour et d’examiner les décisions récentes.
À vérifier avant tout achat en copropriété :
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Les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales
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Les travaux votés mais non encore appelés
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Les éventuels impayés du vendeur
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Le montant des charges ordinaires et extraordinaires
Ces éléments permettent d’anticiper d’éventuelles dépenses importantes après la signature.
La fiscalité annuelle : une obligation continue
Même sans location, un non-résident peut être soumis à une imposition liée à la détention du bien.
Un propriétaire qui occupe son appartement deux mois par an doit déclarer sa situation en Espagne. S’il loue ponctuellement, les revenus doivent être déclarés localement, même s’ils sont également mentionnés en France dans le cadre de la convention fiscale.
Pour comprendre les obligations fiscales applicables aux non-résidents, les modalités déclaratives et les retenues éventuelles lors d’une vente, vous pouvez consulter les informations publiées par l’Agencia Tributaria (administration fiscale espagnole).
Les règles diffèrent selon votre statut et peuvent évoluer. Une vérification actualisée est nécessaire chaque année. La détention d’un bien en Espagne entraîne des obligations fiscales qu’il ne faut pas sous-estimer.
Les principales taxes à connaître :
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IBI (impôt foncier local)
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Impôt sur le revenu des non-résidents
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Taxe sur la plus-value municipale (Plusvalía municipal)
La revente : anticiper avant même d’acheter
En cas de revente, la plus-value peut être imposable en Espagne. Pour les non-résidents, une retenue à la source, souvent mentionnée à hauteur de 3 % du prix de vente (à vérifier selon la réglementation en vigueur au moment de la transaction), est généralement appliquée par l’acheteur.
Un propriétaire revend 300 000 euros un bien acheté 250 000 euros. L’acheteur retient 3 % du prix total, soit 9 000 euros, à titre d’acompte fiscal. Le calcul définitif de la plus-value nécessite ensuite une déclaration et la prise en compte des frais et travaux justifiés.
Ignorer ce mécanisme peut créer une tension de trésorerie au moment de la vente.
Régime matrimonial et succession : des enjeux souvent oubliés
Un couple marié sous le régime de la communauté en France achète en Espagne sans préciser la répartition des quotes-parts. En cas de séparation ou de décès, la situation peut devenir complexe.
En matière successorale, le droit applicable peut être celui de la nationalité si vous l’avez expressément choisi, mais la fiscalité reste liée à la localisation du bien. Les droits varient selon la communauté autonome et le lien de parenté.
Un parent qui transmet un bien à ses enfants en Andalousie ne sera pas nécessairement imposé de la même manière qu’en Catalogne. Une planification anticipée est fortement recommandée.
NIE, compte bancaire et gestion quotidienne
Sans NIE, aucune signature n’est possible. Les délais d’obtention varient selon le lieu de demande.
Un acheteur obtient son financement mais son NIE arrive tardivement. La signature est reportée, ce qui crée une tension avec le vendeur.
L’ouverture d’un compte bancaire facilite le paiement des charges, de l’IBI et des services. Il faut également prévoir les contrats d’électricité, d’eau et une assurance habitation adaptée.
FAQ – Acheter un bien immobilier en Espagne quand on est Français
1) Dois-je obligatoirement obtenir un NIE pour acheter un bien en Espagne ?
Oui. Le NIE (Número de Identidad de Extranjero) est indispensable pour toute transaction immobilière. Sans lui, vous ne pouvez ni signer l’acte chez le notaire, ni payer les taxes, ni inscrire le bien au registre. Il est fortement conseillé d’entamer la demande dès le début du projet afin d’éviter un report de signature.
2) Puis-je récupérer les arras si mon prêt est refusé ?
Pas automatiquement. En Espagne, la restitution de l’acompte dépend entièrement de la rédaction du contrat d’arras. Sans clause suspensive liée à l’obtention du financement, la somme versée peut être perdue en cas de refus bancaire. Il est donc essentiel de faire préciser clairement les conditions de restitution avant de signer.
3) Quels frais dois-je prévoir en plus du prix d’achat pour acheter un bien immobilier en Espagne ?
Le prix affiché ne correspond pas au coût total. Il faut ajouter les taxes (variables selon la région et le type de bien), les frais de notaire, l’inscription au registre, ainsi que d’éventuels frais de gestion ou de financement. Selon la situation, ces frais représentent généralement un pourcentage significatif du prix du bien et doivent être budgétés dès le départ.
4) Un non-résident doit-il payer des impôts en Espagne même s’il n’occupe pas le bien toute l’année ?
Oui, dans certains cas. La détention d’un bien en Espagne peut entraîner des obligations fiscales, même sans location. Si le logement est loué, les revenus doivent être déclarés localement. Les règles diffèrent selon votre statut et peuvent évoluer ; une vérification régulière est recommandée.
5) Que se passe-t-il fiscalement lors de la revente du bien ?
En cas de revente, une plus-value peut être imposable en Espagne. Pour les non-résidents, une retenue à la source est généralement appliquée par l’acheteur à titre d’acompte fiscal. Une déclaration est ensuite nécessaire pour calculer le montant réel dû en tenant compte des frais et travaux justifiés.

Un achat immobilier réussi est celui que vous avez examiné sous tous ses angles
Acheter un bien immobilier en Espagne quand on est français peut être une formidable opportunité de vie. Mais chaque étape mérite d’être comprise avec précision. Derrière chaque signature, il y a plus qu’un acte juridique : il y a un choix de vie, une stratégie patrimoniale, parfois un nouveau départ. Beaucoup d’acheteurs découvrent les règles après la signature. À ce moment-là, il ne s’agit plus de prévenir, mais de réparer. En Espagne comme ailleurs, la réussite d’un achat immobilier ne tient pas au hasard. Elle tient à votre niveau de préparation. Acheter un bien immobilier en Espagne demande une préparation juridique, fiscale et financière rigoureuse.
Vous projetez-vous dans ce bien dans dix ans ? Avez-vous anticipé la fiscalité à la revente ou la transmission à vos enfants ? Vous êtes-vous assuré que rien, dans quelques années, ne viendra fragiliser ce projet que vous construisez aujourd’hui ?
Si vous êtes encore en phase de réflexion, il peut être utile de consulter notre comparatif détaillé entre acheter ou louer en Espagne.
Et si vous souhaitez sécuriser votre projet dès la recherche du bien, comprendre concrètement le rôle d’un chasseur immobilier en Espagne peut vous aider à éviter de nombreuses erreurs.
Un projet immobilier sécurisé n’est pas celui qui avance vite. C’est celui qui avance avec lucidité. Plus vous maîtrisez les règles, plus votre installation en Espagne devient une décision solide, réfléchie et pleinement assumée. Acheter un bien immobilier en Espagne est un projet de vie. Mais c’est aussi une décision juridique, fiscale et patrimoniale. Plus vous anticipez, moins vous subissez. En immobilier international, la préparation est toujours moins coûteuse que la correction.
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